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Le blog de armelle darcel thomas


Retour sur les recenements de Saint Carreuc (1846 à 1911)

Publié par armelle darcel thomas sur 19 Janvier 2009, 20:14pm

Catégories : #généalogie

Voici quelques particularités trouvées au fil des 10 campagnes de recensements effectuées sur  la commune de Saint Carreuc de 1846 à 1911. Cet article ne se veut pas exhaustif et n’est pas à catégoriser dans les  études érudites et systématisées. C’est plus un regard, des mises en lien proposées aux lecteurs, des opportunités pour découvrir  les richesses de  ces fameux recensements  encore en vigueur aujourd’hui. Mais aussi une autre façon de soulever  les questions encore d’actualité autour de la désignation et de la non-discrimination. Une lecture sur ces 65 ans de relevés permet de découvrir l’histoire de la commune, du local  en lien avec l’histoire nationale.

 

 

En 1846, 234 maisons sont recensées à Saint Carreuc pour 1206 habitants. Une progression lente sur 65 ans des constructions  et de la population puisqu’en 1911 sont recensées 245 maisons pour 1227 personnes carreucois.

 

Il est à noter, deux lieux dits qui aujourd’hui ne sont plus indiqués : la Margarel (2 maisons) et le moulin des Houssaÿ (habitation) indiqué comme  usine en 1866. « La gare » apparaît la première fois dans les documents de 1872 et est repérée comme auberge en 1881. La « porte au minou » est citée à partir de 1856.

 

Les débats relancés récemment par le  projet de fichier Edwige n’avaient pas encore lieu en 1846 et c’est ainsi que quelques carreucois  sont stigmatisées et nommés dans plusieurs catégories:

  • 1846 : 1 aliénée non dangereuse, 1 mendiant infirme
  • 1861 : 1 aliéné dangereux
  • 1866 : 1 sans domicile fixe
  • 1876 : 1 aliéné non dangereux

 

Des situations de maladie ou de handicap dont le repérage et le  dénombrement varient selon les années.

  • 1846 : 4 affligés d’une déviation de la colonne vertébrale, 1 aveugles, 3 borgnes, 1 individu atteint du goitre, 4 autres maladies ou infirmité
  • En 1851 : 1 invalide, 1 paralysé, 1 marchant sur béquilles
  • En 1861 : 1 infirme, 2 aveugles, 2 boiteux
  • En 1776 : 1 goutteux, 1 paralysé, 1 bossu, 1 alitée cause de vieillesse, 17 invalides, 2 infirmes, 3 aveugles.
  • En 1881 : 2 infirmes, 1 invalide, 2 paralysés,
  • En 1886 : 5 infirmes

 

L’apparition et la reconnaissance du travail à domicile pour les femmes sont remarquées.  Les femmes carreucoises ont, elles aussi, ouvert la voie aux  assistantes maternelles et familiales d’aujourd’hui. Certaines carreucoises partaient nourrice à Paris** tandis que d’autres accueillaient les enfants à domicile.

 

Une progression des enfants placés est à mettre en lien avec 3 phénomènes:  l’apparition des orphelinats de Saint Brieuc, de Saint Quihouët à Plaintel et l’arrivée des enfants de la région parisienne placés en Bretagne.  D’ailleurs au fur et à mesure des recensements la distinction se fait entre les enfants trouvés, les enfants de l’hospice, les enfants en nourrice,  les enfants en garde, les pensionnaires et les pupilles. Ce vocabulaire suit la construction de la l’aide sociale à l’enfance et la législation telle que  l’école obligatoire de  Jules Ferry.

 

 

Une progression importante des accueils apparaît au fur et à mesure des années 1861, le nombre  des enfants placés  a fortement augmenté puisque   44 enfants de l’hospice sont placés à Saint Carreuc, pour décroitre les années suivantes au fur et à mesure du changement de statut des enfants et de leur passage à l’âge adulte. Une recrudescence des enfants en garde est repérée en 1911, puisque 43 familles reçoivent des enfants. Au début du  20ème siècle, une part non négligeable de la population  carreucoise accueille des enfants contre rémunération car  17,47% des foyers sont concernés

 

  • 1846 : 7 enfants soit  en nourrice, ou enfant de l’hôpital ou en pension. 
  • 1851 : 16 enfants trouvés
  • 1861 : 44 enfants de l’hospice
  • 1872 : 25 enfants de l’hospice,
  • 1876 : 27 élèves de l’hospice,
  • 1881 : 11 enfants ou élèves de l’hospice
  • 1886 : 10 pensionnaires, 10 enfants de l’hospice, 3 enfants en nourrice
  • 1891 : 20 pensionnaires et 4 enfants de l’hospice
  • 1896 : 12 pensionnaires, 6 en nourrice, 1 pupille, 12 en garde
  • 1906 : 19 pensionnaires, 42 pupilles
  • 1911 :  53 pupilles

 

 

L’évolution du statut des  enfants et leur entrée rapide dans la vie active  apparaissent au fur et à mesure des documents tout d’abord sont cités  les « pâtours », « pâtres », « pâtouresses » et « bergé »  dès 1846.Ce statut est reconnu  dès l’âge de 8 ans pour certains descendants DARCEL. Les écoliers sont cités en 1872 et les domestiques sont recensés dès l’âge de  10 ans.

 

De même certains des pupilles ou  enfants placés deviennent domestiques. En suivant leurs avancées en âge, il est intéressant de souligner qu'un bon nombre   se sont mariés et installés sur la commune.

 

 

* Ces particularités sont relevées par l’auteure dans les recensements de 1846, 1866, 1872, 1876, 1881, 1886, 1891, 1896, 1906 et1911.

** Nous faisons référence à l’histoire locale et à la célèbre carte postale « A la bonne nourrice bretonne » qui faisait la publicité pour la famille Rivière qui organisait l’emploi et  les placements des nourrices sur Paris.

 

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